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« The Handmaid’s Tale », une série glaçante et alarmante !

« J’avais coutume de penser à mon corps comme à un instrument de plaisir, ou un moyen de transport, ou un outil pour accomplir mes volontés. […]Il y avait des limites, mais pourtant mon corps était léger, unique, solide, ne faisait qu’un avec moi.

Maintenant la chair se dispose différemment. […] Chaque mois il y a une lune, gigantesque, ronde, lourde, un présage. Elle passe, s’arrête, reprend sa course et disparaît et je vois le désespoir fondre sur moi comme une famine. »

« La servante écarlate », Margaret Atwood

Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

Bienvenue à Gilead, ville où la stérilité et la guerre règnent. Les Etats-Unis perdent des états et les femmes perdent leur fertilité. Pour remédier, les femmes fertiles doivent devenir des « mères porteuses » pour les hommes riches et leurs Epouses. Les femmes ont perdus toutes leurs libertés fondamentales tels que la lecture, l’expression et aussi le pouvoir au nom d’une religion réécrite. Bienvenue à Gilead, une société patriarcale, misogyne, archaïque et profondément brutale.

Cette nouvelle série produite par Hulu s’inspire fortement d’une dystopie écrite par Margaret Atwood, La Servante écarlate , relatant la vie d’Offred au sein de cette société qu’elle a vu évolué. J’ai été profondément bouleversée par l’histoire d’Offred au sein de la série. On l’as voit évolué en tant que femme indépendante pour enfin devenir une servante a qui on vole le corps. Le thèmes de la fertilité et la stérilité sont dominants au sein de la production d’Hulu. Ici, la fertilité est un don de Dieu qui autorise le pouvoir politique a utilisé les femmes.

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Toute la puissance de la série se fait dans le jeu des acteurs et les couleurs/lumières. Offred et les autres servantes sont parfaitement jouées par les actrices les interprétant, tout le talent d’Elizabeth Moss se révèle. Elles jouent des femmes froides et dénuées d’émotions, faisant semblant d’accepter cette situation tout en essayant de jouer un tour de force grâce à la manipulation et à leur rôle sacré au sein de la société. Une bonne partie des couleurs sont froides et pâles exceptées la couleur des robes des Servantes et les souvenirs d’Offred/June. Les acteurs et actrices savent aussi parfaitement représentés les tensions entre les différents protagonistes mais aussi la perte d’identité des femmes.

La série possède une forte qualité visuelle qui n’empêche pas le spectateur de se sentir gêné par certaines scènes ou d’être totalement révoltés. Les producteurs ont réussi à développer les principaux thèmes du roman de Margaret Atwood : l’homosexualité -qui est considéré ici comme une Trahison du Genre-, la perte d’identité, la fertilité/stérilité, les sentiments -l’amour est interdit pour les Servantes, les Marthas, et autres employés-, la place de la femme de la religion et aussi le rôle de la femme dans la société.

Ce qui est le plus marquant dans cette série est la représentation de la sexualité et des scènes de sexe. Les scènes où Offred effectue la Cérémonie (jour où la femme est la plus fertile selon le Gouvernement) ont l’air banales tandis qu’il s’agit de viols. Cette banalité du viol montre à quel point la femme est considéré comme un vulgaire vagin à deux jambes et ne sert qu’à accueillir un enfant.

Le message est clair : les femmes, ainsi que les hommes, ne doivent pas considérer les droits comme acquis et que le combat pour l’égalité est encore d’actualité, même que cette égalité risque d’être menacé à tout moment.

-Conclusion-  

Une série visuellement agréable mais porteuse d’un message fort sur les droits fragiles de la femme. Des acteurs excellents et des scènes marquantes et crues. 

  • En cours de production, disponible sur Hulu avec une saison de 10 épisodes.

Pour commander La servante écarlate ->

 

Nolite te bastardes carborundorum.

Lili,

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