Les sorcières de Salem, d’A. Miller

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  • Arthur Miller (US)
  • Pavillons Poche, Robert Laffont
  • Plusieurs adaptations cinématographiques & mises en scène au théâtre
  • 8 euros
  • The Crucible, 1952
  • Traduction: Marcel Aymé, écrivain

Lorsque Abigail et une dizaine d’autres jeunes filles sont aperçues dansant nues en pleine nuit dans la forêt, quelques puritains de Salem s’empressent de crier à la sorcellerie. Bientôt, un procès plonge cette communauté de Nouvelle-Angleterre dans la colère et la confusion. Ceux qui sont accusés d’être des oeuvres du démon encourent la potence.
En 1953, alors que l’Amérique est en proie au maccarthysme et à la  » chasse aux sorcières « , Arthur Miller écrit une pièce incisive sur un célèbre épisode de l’histoire américaine : le procès qui, en 1692, ébranla la petite ville de Salem, gagnée par une crise d’hystérie puritaine, et se solda par la condamnation de nombreuses personnes soupçonnées de pratiques sataniques et par vingt-cinq exécutions.
Cette oeuvre illustre de façon magistrale comment peut être franchie – à toute époque – la frontière entre raison et folie, justice et fanatisme.

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Alors, non, ce livre ne parle pas de sorcières ou de magie, mais il s’agit d’une pièce relatant un fait réel : le procès de centaines de femmes accusés d’actes de sorcellerie et de pactiser avec le Diable dans une petite ville, Salem dans le Massachussetts, en 1692.

Ici, Arthur Miller, s’inspire de cette évènement de l’histoire coloniale américaine pour traiter d’un sujet très présent dans les années 50, la « chasse aux sorcières » ou le maccarthysme. Les Américains ayant développés une certaine paranoïa face à l’espionnage et la Guerre Froide, se retrouve à chasser les communistes et dans le même temps, les Juifs car les deux seraient intimement liés. Miller dénonce cette pratique qui va à l’encontre du concept de la démocratie. Donc les femmes injustement condamnés suite à des supposés actes de sorcellerie, représenteraient les victimes de l’état étasunien de cette chasse aux espions communistes.

Avec cette oeuvre, Miller se retrouve poursuivi en justice mais ce n’est pas pour autant qu’il continue de promouvoir sa pièce, ce qui fait de lui un classique de la littérature américaine du XXème siècle.

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J’ai particulièrement apprécié la lecture de cette pièce qui reste toujours d’actualité. L’écriture de Miller surprend et est élaborée. Ce livre traite d’un sujet fort : celui de l’injustice et des fausses accusations. Toutes ces femmes se retrouvent au bûcher suite aux accusations d’une jeune servante qui a provoqué l’infidélité du couple qui l’employait. Toujours amoureuse du mari, elle cherche à évincer toutes les personnes pouvant se mettre à travers son chemin. Première victime de ses accusations, l’esclave noire Tituba (qui est devenue la protagoniste d’un roman de l’auteure Marie NDIAYE) qui se retrouve confronté à un interrogatoire plus que douteux sur une éventuelle relation avec « le malin ». Comment un simple témoignage d’une servante peut détruire toute une ville ? Seul quelques personnages sont lucides tels que Proctor qui est victime

En plus de faire une critique de la paranoïa excessive des États-Unis, Miller critique en partie la religion qui est le sujet central des Sorcières de Salem.

Une pièce à lire pour découvrir cet auteur de talent, pour comprendre un évènement de l’Amérique coloniale mais surtout dénoncer les injustices de la société et de la politique.

Je n’attends plus qu’une chose, assister à une représentation d’une pièce de Miller !

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Publié par

Lyra Books

Jeune lectrice passionnée et curieuse de découvrir de nouvelles pépites littéraires !

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