Publié dans Non-Fiction

« La place », Annie Ernaux -Lili

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«Enfant, quand je m’efforçais de m’exprimer dans un langage châtié, j’avais l’impression de me jeter dans le vide.Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m’aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec toute la bouche.Puisque la maîtresse me « reprenait », plus tard j’ai voulu reprendre mon père, lui annoncer que « se parterrer » ou « quart moins d’onze heures » n’existaient pas. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : « Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps ! » Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur et de chicanes douloureuses, bien plus que l’argent.»

« La place » d’Annie Ernaux est un livre compliqué à expliquer ou à résumer car l’écriture de l’auteur est assez particulière. Ici , Annie Ernaux a souhaité s’exprimer sur la place de son père ainsi que de sa condition sociale. La notion de classe sociale est une dimension importante au sein de « La place ».

Annie Ernaux parle de la vie de son père avec un certain retrait, juste avec des souvenirs. Elle cherche à développer l’écriture plate car elle considère que cela pourrait la rapprocher de son père. L’écriture plate est un procédé d’écriture qui consiste à écrire sans décrire les émotions ou les sentiments mais juste à relater les faits et des souvenirs.

Nous faisons aussi la connaissance de la mère d’Annie qui est très différente du père. Elle désire être à la mode, imiter la classe bourgeoise.

Dans ce roman autosociobiographique, l’auteure décide de rendre hommage à son père en relatant sa vie de sa naissance à sa mort tout en passant par son adolescence et la perte d’une première fille. J’ai trouvé que dans cette écriture dite plate et dans ses écrits, Annie Ernaux semble avoir un certain dédain envers son père ainsi que de la condition sociale de ce dernier. Elle est institutrice donc elle considère qu’elle appartient à une classe sociale supérieure à celle de son père qui lui était ouvrier.

On voit qu’Ernaux a établi depuis son adolescence une distance émotionnelle et sociale entre elle et ses parents. Malgré le respect qu’elle a pour eux, j’ai l’impression qu’elle aurait voulu appartenir à une classe différente et que ces derniers ne l’ont pas vraiment soutenu dans ses projets même s’ils lui ont apporté un soutien financier et matériel.

La place est aussi un roman projet dans lequel Annie Ernaux exprime ses doutes sur l’écriture d’un livre hommage à son père, son désir d’écriture plate, ses doutes.

Je ne peux pas vous dire si j’ai aimé ce livre car émettre un avis dessus est compliqué selon moi.

Bonnes lectures 🙂

Lili

Auteur :

Jeune lectrice passionnée et curieuse de découvrir de nouvelles pépites littéraires !

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