Bonjour Tania, au revoir Patty ? « Mercy, Mary, Patty » -Lili

cvt_mercy-mary-patty_5812

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l’establishment qui s’empresse de conclure au lavage de cerveau.
Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l’Américaine Gene Neveva se voit chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst, dont le procès doit bientôt s’ouvrir à San Francisco. Un volumineux dossier sur l’affaire a été confié à Gene. Pour le dépouiller, elle s’assure la collaboration d’une étudiante, la timide Violaine, qui a exactement le même âge que l’accusée et pressent que Patricia n’est pas vraiment la victime manipulée que décrivent ses avocats..

Vous écrivez les jeunes filles qui disparaissent. Vous écrivez ces absentes qui prennent le large et l’embrassent sans en trier le contenu, élusives, leur esprit fermé aux adultes. Vous interrogez notre désir brutal de les ramener à notre raison. Vous écrivez la rage de celles qui, le soir, depuis leur chambre d’enfant, rêvent aux échappées victorieuses, elles monteront à bord d’autocars brinquebalants, de trains et de voitures d’inconnus, elles fuiront la route pour la rocaille.

Syndrome de Stockholm? Réveil de conscience? Lavage de cerveau? Technique de survie? Qu’est-il arrivé à Patricia Hearst, une jeune fille de bonne famille, fille d’un magnat des médias? Qui est Tania Hearst, celle qui a pris la place de la jeune et douce Patty?

J’ai récemment été sélectionné pour être jury du prix du Roman des étudiants avec Télérama et France Culture (voici l’article -> ici ) et j’ai donc décidé de commencer à lire la sélection avec ce roman « Mercy, Mary, Patty ». Un roman qui peut sembler court mais qui s’avère long à lire et à « digérer ». Le style narratif de l’autrice est particulier, le récit est raconté à la deuxième personne du pluriel, c’est-à-dire le « vous ». Ce choix stylistique laisse perplexe au début du roman car nous ne savons guère qui est le personnage principal : Violaine, Gene, Patty ou nous-même. Après plusieurs chapitres, on s’adapte assez facilement à ce mode de narration assez particulier.

On prend place dans le récit qui se retrouve dans trois époques différentes : celle de Gene Neveva (années 70′), celle de Patty et celle d’une amie d’une Violaine plus âgée. Nous suivons le destin de ces trois protagonistes, une qui est train de vivre un procès long et historique, et deux autres en quête de compréhension de la société de cette Tania.

pattyhearstholdingguncolourjpg-size-custom-crop-638x650

Avant ce roman, je n’avais jamais entendu parlé de l’histoire de Patty/Tania Hearst, cette jeune femme de bonne famille qui se fait enlevé et suite à cela rejoint la cause des ses ravisseurs, la SLA. Ce roman est un questionnement sur la société dans laquelle nous vivons, sur la place des femmes et sur la pauvreté, mais aussi sur l’endoctrinement et la notion de lavage de cerveaux dans les sectes ou organisations.

Des sujets comme le féminisme sont abordés dans le roman, on voit différents points de vue : celui de Tania Hearst qui est assez radical, celui de Gene plutôt modérée pour finir avec un point de vue assez vague et inexistant de Violaine. Le roman parle de plusieurs femmes, certes de Mercy, Mary et Patty mais aussi de Violaine et de Gene Neveva. Deux femmes totalement différentes, l’une qui se rebelle contre une société qui la rejette, et l’autre qui reste indifférente face à une vie monotone et guidé par ses parents.

giphy

Actuellement en train de regarder, la saison 8 de la série américaine « American Horror Story » qui traite aussi de l’endoctrinement dans une secte, je me permet d’utiliser la série pour faire une légère comparaison entre les deux, pour essayer de comprendre Patty Hearst. Quelle que soit la finalité du roman ou du procès en cours, on se demande toujours le statut de la SLA et de Patty, est-elle victime de lavage de cerveau ou non?

Patty Hearst se retrouve dans la situation de : si je fuis où je vais? Pour elle, sa propre maison est devenue une prison et elle ne souhaite plus être sous l’emprise de ses parents et son fiancé. Nous restons tout le long du roman dans l’incertitude, la Patty d’après la SLA reste mystérieuse avec une double personnalité. Une partie d’elle est rebelle, cherchant à envoyer la société au feu, et une autre partie semble avoir été traumatisé.

Est-ce que je vous conseille ce roman? Si je n’avais pas participé au prix, je ne pense pas avoir lu ce roman car ce n’est pas mon genre habituel mais je ne regrette pas de l’avoir lu. Pleins de questionnements et de sujets de société sont abordés dans ce roman qui permet d’avoir une vision différente de notre société actuelle. Certes, la narration est vraiment différente et inhabituelle, mais cela nous permet de nous inclure dans le récit et l’histoire de Patty Hearst.

Bonnes lectures, Lili.

 


5 réflexions sur “Bonjour Tania, au revoir Patty ? « Mercy, Mary, Patty » -Lili

  1. Je n’ai pas encore lu celui-ci pour le prix (j’ai aussi été sélectionnée!), et je dois dire que je redoute un peu cette lecture… Je ne sais pas si c’est le thème ou le style de la narration dont j’avais déjà entendu parlé qui me rebute un peu, mais bon, peut-être que je changerai d’avis en le lisant 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Personnellement, j’ai beaucoup aimé! Certes le style est particulier, mais l’histoire est vraiment intéressante. J’ai pu découvrir l’histoire de Patty Hearst.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s